À la découverte des éco-centres du Rif

En quittant Chefchaouen, nous avons comme idée de nous arrêter découvrir des projets écotouristiques au sud de Chefchaouen, puis de continuer en direction de Fès, sans trop savoir par quelle route. A voir…

Du mardi 23 mai au dimanche 28 mai :

De Chefchaouen à Sidi Redouane

Au Sud de Chefchaouen, nous franchissons l’ancienne limite entre le protectorat espagnol et le protectorat français. Aujourd’hui encore, 60 ans après l’indépendance du Maroc, les locaux n’utilisent pas le nom arabe du village mais l’appellent simplement « la douane » (en français dans le texte). Cela marque aussi l’endroit, où les Marocains nous interpellent plus facilement avec un « Bonjour » qu’avec un « Hola »,  comme nous avions eu jusqu’à maintenant. Cet héritage espagnol au Maroc aura été une des découvertes intéressantes de notre première semaine ici, transition avec l’Andalousie d’où nous venions.

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Ce ne sont plus les douaniers mais un des multiples points de contrôle

L’Eco-centre Bellota de tourisme solidaire

De Chefchaouen, nous avions contacté Abdelghani Lakhdar, qui tient un camping à une quarantaine de kilomètres au sud. Il est par ailleurs responsable de plusieurs associations de développement local et porte ainsi une multitude de projets écologiques innovants : diffusion d’un four à pain à faible consommation de gaz, appui à des coopératives locales pour la promotion de produits locaux et la taille des vergers, …

Ce sont Lucia et Maylis, rencontrées au festival Vél’osons de Chambéry qui nous ont fait connaître Abdelghani. D’ailleurs, l’excellente vidéo de leur voyage à vélo des Alpes en Argentine est accessible sur leur site : Cin’energie

On passe deux jours très sympas chez Abdelghani. Le site du camping est agréable. Les journées sont néanmoins rythmées par la convalescence de Lino (il ne va pas fort le premier jour mais remarche enfin le deuxième jour). Les soirées sont consacrées à discuter des nombreuses expériences d’Abdelghani et du contexte local et national. Très instructif !

Le deuxième soir, il nous présente ainsi Mohamed El Aboudi, un ami à lui venu demander de l’aide pour remplir un dossier de subvention. Alors qu’on ne sait pas encore où nous dormirons demain, on comprend qu’il possède un petit camping à environ 30 kilomètres de là, dans la direction où nous allons. Ce sera donc notre destination du lendemain.

Le Camping Panorama 900 !

« Panorama » cela donne le ton pour la fin de la route. Mais nous quittons enfin la nationale et découvrons les petites routes marocaines empruntées seulement par les taxis collectifs, les ânes et parfois les troupeaux de moutons.
Kenza, la plus jeune des filles de Mohamed El Aboudi nous accueille et rapidement amène les garçons visiter la maison et cueillir des figues dans le jardin, puis regarder des dessins animés en arabe !

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Heure de pointe…

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Kenza nous accueille au Camping Panorama 900

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De suite, les enfants sont conquis !

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Qui explique les règles ?

L’endroit est plutôt rustique : toilettes à la turque, eau chaude chauffée avec une bouilloire sur le gaz (les garçons adoreront prendre la douche comme ça en faisant le mélange dans un grand seau),… Mais le terrain est ombragé et le cadre enchanteur : nous voilà enfin dans les campagnes marocaines ! M. Aboudi est aux petits soins pour nous accueillir.

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Mohamed nous prépare un tajine avec les produits frais de son jardin

Il a besoin des talents d’écriture de Stéphane pour refaire l’un de ses panneaux qui guident les campeurs jusque là. Français et arabe ! Si si ! C’est Stéphane qui a tout écrit !! A l’aide du modèle bien sûr. M. El Aboudi nous rendra la pareille en traduisant notre texte de présentation, nous permettant ainsi de faire notre affiche de charette en arabe. Un grand merci ! Il nous a bien servi depuis, créant parfois des attroupements.

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Jusque là, ca va…

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Ca se corse…

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Merci à un éventuel spécialiste de nous corriger !

Jour de souk

Le lendemain c’est le début du ramadan. Et aussi, jour de souk au village voisin de Sidi Redouane, c’est-à-dire jour de marché où tous les paysans du coin viennent vendre leur production (fruits, pain, légumes, céréales, viande ou animaux vivants). M. El Aboudi nous propose de rester un soir de plus pour nous faire la traditionnelle harira  (soupe) pour la rupture du jeûne et d’aller au souk en transport local avec lui. On accepte l’aventure !

Le chauffeur du « transport » est le voisin qui a un vieux fourgon Mercedes (sans les sièges, juste des sortes de bancs en bois tout autour des parois du minibus). M. El Aboudi nous explique que ce genre de taxi est toléré par les gendarmes les jours de souk !
Nous sommes les premiers installés et le fourgon se remplit doucement au fur et à mesure du trajet.

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L’espace : un luxe ?

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On arrive au souk, presque à vide !

Nous sommes au souk vers 9h et déjà la chaleur monte. Lino a encore du mal à marcher et nous nous orientons rapidement vers le coin des animaux, pour se reposer à l’ombre des grands arbres et loin du tumulte. Alors, qu’est ce qu’on achète ? Lino voudrait un âne. Ce serait pratique pour tirer la charette. Antonin préfèrerait une chèvre et un mouton. Vivants, sinon c’est trop lourd à porter. Pour aujourd’hui, on va se contenter de fruits, de légumes, de pain et de quelques friandises.

Vers 10h30, M. El Aboudi nous appelle et nous prévient que le minibus est en train de se remplir pour le retour. On s’approche doucement. Il y a déjà du monde et les places sont chères. On s’installe et les discussions vont bon train. Bien sûr, on ne comprend rien jusqu’à voir arriver d’autres personnes encore, des énormes sacs de farine …  et au final un mouton !
Au bout d’un moment tout est rentré et chacun a trouvé sa place. Lino a pu testé si les moutons aiment le pop-corn coloré (la réponse est non…). La dame du fond n’était pas très contente d’avoir les déjections du mouton sur les pieds. Et on a bien rigolé avec tous ses bêlements intempestifs. (On a aussi évité de penser à la collection de microbes potentiellement présents dans le minibus et de trop regarder la cheville de Lino…). On arrive vers midi au camping. Comment est-ce possible de tenir sans boire, ni manger jusqu’au soir, après une matinée si chaude et si intense ?

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Vers 19h30, c’est la rupture du jeûne. Mohamed débute le repas avec sa famille et nous rejoint ensuite pour partager la soupe et les gâteaux sucrés. On se régale. Même les pois chiches, soit disant brûlés, sont un délice !

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Partage du premier repas de rupture du jeune avec Mohamed dans l’ambiance si particulière du Camping Panorama 900

On reprendra la route le lendemain, non sans avoir visiter le potager bio, le puits foré à 42m de profondeur il y a 2 ans suite à la sécheresse, et vu la maison que Mohamed souhaite transformer en gîte écologique. Inch Allah ! Si la demande de subvention aboutit ou s’il trouve un partenaire prêt à investir avec  lui. Avis aux investisseurs !

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Choukrane bezef à la famille El Aboudi

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