L’itinéraire et les arrêts ont été validés par Abderrahim. Nous avons des vivres pour quelques jours… Nous voilà fin prêts pour parcourir la région des lacs du Moyen Atlas, au sud d’Azrou. Un des coins les plus sauvages que nous ans traversé : nous avons vraiment adoré !
Du samedi 3 juin au mardi 6 juin
D’Azrou à Khenifra
Nous partons d’Azrou en fin de matinée avec l’objectif de passer 4 jours sur les plateaux du Moyen Atlas, dans des coins perdus et sauvages que nous ne connaissons pas. 4 jours où nous ne croiserons pas de villages, cette zone étant beaucoup moins peuplée que les vallées irriguées du Haut Atlas.
Nous visitons rapidement le cèdre Gourault, annoncé comme le plus vieux cèdre du monde. Vieux de 800 à 900 ans selon les sources, il est en fait mort depuis 10 ans. Mais on ne l’apprend qu’une fois sur place ! Du coup, on est un peu déçus du déplacement (plutôt compliqué en vélo), si ce n’est que nous y voyons de nombreux singes. Ce sont les mêmes qu’à Gibraltar, des singes magots, tout aussi habitués aux hommes et aux friandises qu’ils peuvent apporter. Pas beaucoup de touristes étrangers, ce qui vaudra à Stephane une interview pour un site web marocain : voyager au Maroc pendant ramadan ? (début du passage avec Stephane à 1min 55s)

L’ex plus vieux cèdre du monde

Quelques singes joueurs
La route jusqu’à notre premier bivouac est superbe et nous profitons des couleurs de fin de journée. Nous serpentons dans les forêts de cèdres qui nous offrent beaucoup d’ombre et de fraîcheur. Ici, les cèdres sont bien vivants et majestueux. Eh puis ça sent drôlement bon dans ces forêts ! On traverse aussi de grandes prairies, où nous croisons des troupeaux de moutons et leurs bergers. Au détour d’un virage, nous apercevons des singes, bien sauvages ceux là et très peu préoccupés par notre présence.
Nous rencontrons aussi deux jeunes paléoclimatologues en train d’observer les coupes de cèdres. Ils nous expliquent leur travail (connaître le climat passé par l’observation de la croissance des arbres ) et nous renseignent sur l’âge des cèdres coupés : facilement jusqu’à 400 ans !
Nous atteignons le lac d’Afnourir (2 300 m d’altitude) juste avant la tombée de la nuit, après avoir quitté la route principale et pris la piste sur 3km. Aïda vit là, près de la maison forestière, dont son mari est le gardien (enfin c’est ce qu’on a cru comprendre…)
Quand nous arrivons, elle est en train de sortir les pains du four en terre traditionnel, qui est abrité par une sorte de tente faite de bouts de plastique. Elle en offre un petit à chacun des garcons, tout rond et tout chaud ! Puis une moitié d’un grand pain pour les adultes. Un délice ces pains berbères bien moelleux et tout juste sortis du four ! Cela nous semble incroyable d’être accueillis comme ça !
Elle nous dit que nous pouvons nous installer où bon nous semble. Nous choisissons le seul arbre de la prairie en espérant qu’il nous fasse un peu d’ombre le lendemain matin, puisque le soleil se lève tout juste après 5h00.
Les couleurs du couchant sur le lac sont magiques. On voit passer des cigognes et d’autres oiseaux. Le lac est une halte pour les oiseaux migrateurs et reconnu comme une zone humide d’importance internationale (RAMSAR pour les experts…). Tout autour, un grand plateau avec quelques troupeaux de moutons ou d’ânes, aux allures de steppe mongole.

Arrivée bien méritée au lac Afnourir après une belle mais longue journée

Une fois sur place, les garçons ressortent les vélos !
Le lendemain, Aïda nous propose d’apporter du thé et une omelette pour le petit déjeuner, accompagnés de pain et d’huile d’olive bien sûr. Elle s’installe près de nous et avec les quelques mots de français qu’elle connaît, nous discutons des enfants, du climat ici au lac, des touristes qui passent parfois. Bref, un super moment, malgré nos lacunes linguistiques.
Les garçons passent aussi un long moment au bord du lac, à observer les oiseaux, parfois entourés par des dizaines de moutons.

Et dès le matin, c’est reparti sur les vélos !

Envahissement du campement par un troupeau de béliers

Observation des libellules

Lino se retrouve tout seul piégé par les béliers

Au revoir et merci Aïda

Le campement d’Aïda et de sa famille

En route vers le poste d’observation

Le lac est couvert de fleurs banches
Aïda nous confirme que la piste continue jusqu’à retrouver la route que nous avons quittée hier. On va passer par là pour 10km et éviter ainsi 25 km de route. Certes, ça coupe. Mais c’est dur 10 km de piste !
Heureusement, la forêt, puis la prairie, que nous traversons sont très belles. On ne se lasse pas des cèdres et des moutons !

Ca se corse par la piste…

Superbes paysages de prairies et de forêts
Après une halte au lac Ouiouane la nuit suivante, nous poursuivons vers les sources Oum Er Rbia. A voir le nombre de gargotes qui sont installées mais fermées, on se dit que hors ramadan l’endroit doit être bondé… Pour profiter des sources douces ou salées, au choix ! Nous faisons le tour du site avec un guide un peu désoeuvré et bien content de trouver des touristes à accompagner aujourd’hui. Il nous montre les sources salées, la cascade tout en haut du site, la grotte où l’on voit l’une des sources souterraine, et il nous installe au bord de l’eau sur des couvertures pour le repas.

La cascade des sources d’Oum Rbia

Les gargotes en bord de rivière : pas de soucis de PPRi par ici…

Repos pendant ramadan…
Nous repartons après le pique-nique direction le lac d’Azegza. Après une belle montée, nous arrivons sur un autre plateau, puis une légère descente vers le lac qui est un ancien cratère.
La lumière de la fin de journée met du jaune et de l’ocre sur toutes les prairies, moutons compris. Le site est vraiment splendide, et nous sommes les seuls campeurs. Plusieurs familles berbères vivent ici et proposent des repas et des boissons, sur table ou sous tente berbère. Là aussi, hors ramadan, l’endroit doit être bien différent.
A l’arrivée, nous installons notre tente assez près du lac, non sans avoir commandé un tajine et une omelette pour le repas du soir à l’un des « restaurants ». L’omelette arrive dans sa poêle, direct, accompagnée du traditionnel pain berbère que l’on a vu sortir du four. Et le tajine est très bon ! Accompagné d’une bouteille de coca et d’un autre soda aux saveurs étranges, tout le monde y trouve son compte.

Un peu d’aide pour la montée !

Belle lumière en cette fin de journée

Arrivée au bord du lac

Soleil couchant

Restaurant avec vue sur le lac : omelette berbère, service local !

Le tajine chauffe au feu de bois

Petit câlin au bébé âne avant d’aller au lit

Bivouac sous les étoiles
Le lendemain matin, nous passerons toute la matinée sous la tente berbère avec vue imprenable sur le lac. La nôtre est en plein soleil et il y fait bien trop chaud. Celle là est bien aérée et le sol est couvert de tapis colorés, idéal pour s’allonger, jouer, travailler, et surtout réaliser, avec l’aide précieuse des locaux, le tournage d’une vidéo souvenir surprise…

Système D pour recharger notre appareil photo !

Le lac, depuis la tente berbère
Après avoir longuement profité de ce magnifique lac, nous quittons quand même notre campement et partons vers Kenifra. Nous pourrons y refaire quelques courses avant d’attaquer le Haut Atlas. Mais nous y retrouvons aussi les grosses chaleurs qui sévissent actuellement en plaine : plus de 40°C annoncés…

Retour dans la chaude plaine…