Passage express à Fes

Nous hésitions à passer à Fès, un peu effrayés par le côté grande ville. Sur les conseils de Nuno (notre copain portugais rencontré à Chaouen), nous decidons d’y aller en écourtant les trajets d’entrée et de sortie de ville : vive les grands taxis !

Nous avons bien fait : la ville est superbe !

Du dimanche 28 mai au lundi 29 mai :

De Sidi Redouane à Sefrou.

Nous partons du camping Panorama 900 avec l’idée de faire une trentaine de kilomètres (eh oui, c’est souvent notre distance cible), puis d’essayer de trouver un taxi qui nous pousse jusqu’à Fès. On est dimanche après-midi, et jour de ramadan. Et pourtant, nous trouvons un chauffeur de taxi  prêt à faire les 90  km jusqu’à Fès, juste à temps pour être de retour pour la rupture du jeûne, vers 19h30.
La charette est vidée en partie et pliée dans le coffre. Tous les bagages ainsi que le siège et le vélo de Lino rentrent également dans la malle. Et les 3 autres vélos sont chargés sur le toit et solidement attachés avec un vulgaire bout de ficelle !! Cette nouvelle génération de Grand Taxi (des Dacia) est parfaite pour le transport de notre caravane : bien plus simple que dans les vieux Mercedes…

Ce trajet nous évite la plaine agricole plutôt plate, et peu intéressante, au Nord de Fès, ainsi que l’entrée dans une grande ville, qui fait rarement partie des meilleurs souvenirs pour un cyclotouriste…

Le chauffeur de taxi ne nous pose tout de même pas au coeur de Fès.  Nous voilà donc  repartis à vélo pour essayer de trouver le joli riad que nous a réservé Stéphane à l’entrée de la médina, histoire de reprendre pied en douceur avec la vie urbaine…
Le contraste avec les derniers jours passés en camping est saisissant et un peu dérangeant… en cause notamment la taille de la baignoire et l’eau chaude à profusion !

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On reprend les vélos pour le centre de Fes

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Riad Ibn Battouta : on vous le conseille si vous passez dans le coin…

 

L’entrée dans Fès avec les murailles et les quelques portes de la médina que nous avons aperçues le soir nous a mis l’eau à la bouche.

Le lendemain, nous arpentons la médina avec Hassan, un guide francophone qui nous fraie un chemin jusqu’au quartier des tanneurs. En passant, il nous montre mille et une merveilles que comptent cette ville. Les mosquées, les médersas (écoles religieuses), le mausolée du fondateur de la ville, le quartier des menuisiers. Et enfin, le world famous quartier des tanneurs que l’on observe depuis les terrasses des magasins de maroquinerie. Le quartier a été refait il y a 2 ans « par l’UNESCO ». Les façades sont effectivement enduites à la chaux. Pour autant, les méthodes de travail restent les mêmes : patauger dans les bassins de chaux puis d’ammoniaque, puis dans les teintures,…
Pour nous le shopping est plus que limité, même si les échoppes des souks regorgent d’objets colorés,  et pour certaines de vrais artisanats locaux. Pas la peine de regarder les magnifiques tapis berbères par exemple : on devra se contenter de 4 mini serviettes de table ! Le vélo, mode de voyage économique !

Ce premier aperçu de la ville avec Hassan nous a beaucoup plu, et il y aurait encore plein de choses à voir (musées, monuments, souks, etc), mais nous décidons de poursuivre la route vers le Sud. On n’a pas trop pédalé cette dernière semaine entre les pauses  (bien sympas) dans les campings et la blessure de Lino, et on a donc envie de reprendre le rythme de l’itinérance, propre à ce mode de voyage…

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C’est reparti : direction les « montagnes des Atlas »

Nous partons donc à la recherche d’un nouveau taxi pour Sefrou, histoire là aussi d’éviter la sortie de la ville et la double voie qui mène à cette ville au pied des montagnes, située à 30km au Sud.

Les discussions sont plus âpres avec les chauffeurs de la ville ! Et il faut discuter un bon moment avec le placeur des grands taxis : notre chargement inquiète un peu… Finalement, un chauffeur accepte le trajet (il est cycliste !) et nous posera, après une dernière discussion sur le prix de la course et une photo-souvenir, sur la place centrale de Sefrou. Cette place est assez animée en cette fin d’après-midi. Ce sont les hommes, essentiellement, qui sont là. Allongés dans l’herbe ou à la terrasse d’un café (ouvert mais qui ne sert rien vu qu’il fait toujours jour). L’expectative de la rupture du jeûne est palpable…

Pendant que Stéphane part visiter les quelques hôtels et pensions de la ville, les garçons profitent d’attractions pour enfants en cours d’installation : voitures électriques et trampolines. C’est la fête pour eux !
Notre charette et sa pancarte en arabe font aussi leurs effets ! On est un peu des extraterrestres au milieu de cette place mais tout le monde est souriant et nous souhaite la bienvenue !

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Lino boitille encore un peu mais s’amuse bien !

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J’étais tranquille, j’étais peinard,…

Après avoir trouvé notre hébergement pour le soir, il nous manque de l’eau. Pour « aller plus vite », Stéphane part vers 19h30 acheter un bidon d’eau. Mais là, surprise ! La ville est déserte. Plus personne sur la place qui était remplie tout à l’heure. Plus une échoppe ouverte. Ils sont en famille, occupés à rompre le jeûne, après une longue journée sans manger, ni boire !
Quelques hommes rompent néanmoins le jeûne dans la rue sur leur lieu de travail (quelques vendeurs regroupés à l’entrée de la médina, un peu plus loin le garçon de café). En voyant passer Stéphane, tous l’invitent à se joindre à eux et lui offrent quelque-chose à partager : un gâteau,  un café,  une datte,…
Stéphane revient sans eau (on filtrera donc l’eau du robinet), mais Bien heureux d’avoir pu assister à cette rupture du jeûne et vu la ville à l’arrêt, le temps que chacun se restaure.

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La place centrale désertée à l’heure du « ftour »

Depuis nous avons en tête les horaires. Nous savons qu’entre 19h30 et 20h, rien ne sert de chercher un taxi, un restaurant ou une boutique. La vie reprend après. Et tous les hommes dégustent des cafés en terrasse jusque tard le soir. Où sont les femmes ? Elles sortent un peu aussi et refont les courses pour assurer la préparation des nombreux délices  qui sont posés sur la table pour la rupture du jeûne, le « ftour », qui signifie aussi petit-dejeuner, hors ramadan…

Un commentaire

  1. Fès, ca nous rappelle des super souvenirs, on y était allé plusieurs fois (Céline a un doctorat là-bas). Lino se remets de sa blessure au fait ? Bon, au plaisir de vous revoir bientôt !!! (et ensuite c’est moi qui me colle au blog 😉

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