Sur la route de Chefchaouen

Notre premier rendez-vous avec les amis marocains (Brahim et peut-être Alex) est programmé pour samedi soir à Chefchaouen (la ville bleue du Rif), à 90 km de notre première nuit marocaine. Cela devrait être jouable en 3 jours. Malheureusement, on a une grosse peur dès le départ, qui marquera beaucoup les jours suivants !

Du jeudi 18 mai au mardi 23 mai :

De M’Diq à Chefchaouen, via Tetouan.

Après notre chouette bivouac du premier soir et un bain matinal pour les garçons, nous repartons gaiement en longeant la double voie qui mène à Tetouan. Elle possède non seulement une piste cyclable, mais aussi un très large trottoir que nous empruntons depuis la veille. Plutôt confortable de rouler comme ça !

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Déjà, un des symboles du Maroc pour les garçons !

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Et aussitôt, la première balade pour Antonin

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Le seul collègue à velo croisé ces premiers jours sur le trottoir géant

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La Riviera marocaine

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Les villas de luxe, l’herbe bien verte et Ceuta en arrière-plan

L’accident de Lino

Quelques kilomètres après le départ, en bord de mer, alors qu’il pédale sur son vélo derrière Noémie, Lino se met à crier : il a le pied gauche coincé dans les rayons de sa roue arrière.

Combien de fois ai-je dis « Lino, garde les pieds sur les pédales » depuis que nous sommes partis ? Pas encore suffisamment apparemment !!

Son pied est vite libéré, mais la chaussure et la chaussette n’ont pas suffit à protéger sa cheville, qui est entamée sous la malléole. Même si cela ne saigne pas, la plaie est impressionnante, comme si son pied avait été épluché. On est tous un peu sous le choc, d’autant plus que Lino continue de hurler,  puis de dire « Pardon Maman, je voulais pas faire ça ! »

Nous lui soignons la plaie avec les moyens du bord, puis repartons vers la station balnéaire de M’Diq. Après un petit repas en bord de plage, on décide de faire un stop à l’hôpital du coin, puisque Lino ne peut poser son pied à terre et que sa cheville est bien enflée. Un avis médical sur la plaie, ainsi que sur l’éventualité d’un problème interne, nous semble nécessaire.

La prise en charge dans cet hôpital de ville moyenne est chaleureuse et efficace : peu d’attente et des personnels bienveillants. La radio nous montre qu’il n’y a pas de fracture, mais le médecin nous dit qu’il y a probablement une entorse. Vu la couleur du pied le lendemain, et le nombre de jours où cela restera gonflé, l’entorse doit être belle ! Pour la plaie, désinfection et tulle gras à changer tous les jours, et antibiotiques en prévention.

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Et voilà le travail !

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Un petit souvenir…

Tetouan

On rejoint Tetouan en fin d’après-midi, après une entrée dans la ville bien chargée en voitures, camions, bus et vent. On fera une incursion le soir dans la médina, classée au patrimoine mondial de l’UNESCO pour ses constructions de style arabo-andalous. Ici, les cultures espagnoles et arabes se sont entre-mêlées au fil des siècles. Les gens nous interpellent avant tout en espagnol, les noms de rue sont écrits en espagnol (Calle Mohamed V), et les constructions, bien sûr, sont assez proches de ce que nous avons pu voir à Grenade ou dans les villes andalouses.

On y voit aussi le palais du roi, qu’il occupe chaque année pendant son mois de vacances estivales. De l’extérieur uniquement bien sûr !

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Tetouan, toujours à l’heure espagnole

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Balade au petit matin dans la médina

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Les courses matinales

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Belle ville sur la colline

Sur la route…

Pour la prochaine nuit, nous comptons sur l’hospitalité marocaine pour trouver un coin de terrain où planter la tente, étant donné qu’il n’y a pas vraiment de ville sur les 60 km à venir entre Tetouan et Chefchaouen.
Des travaux sont en cours pour doubler la route, et pour nous, les premiers kilomètres ont des allures de piste cyclable, puisque nous empruntons les tronçons bitumés mais non ouverts à la circulation.

Malheureusement, cela ne dure pas et nous sommes bientôt au milieu des camions, des bus, des taxis,… Le trafic est plus que dense et la route monte. Le pire ce sont les vieux camions chargés de parpaings ou de bouteilles de gaz. Ils avancent à peine plus vite que nous et créent des files énormes de véhicules prêts à doubler dès que possible. Et c’est beaucoup plus souvent possible qu’en France. Ça peut même passer avec 3 véhicules parfois. Ou 2 véhicules et 1 vélo… même pas peur pour les chauffeurs marocains. Nous beaucoup plus !

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Faut trouver sa place !

En revanche, on a toujours droit aux bravos, aux pouces levés, aux sourires à foison, et aux joyeux coups de klaxon. A la sortie de Tetouan, nous sommes déjà en photo sur des dizaines de téléphones portables marocains qui nous ont croisés ou doublés !

Au détour d’un virage, nous faisons une halte chez des franco-marocains qui tiennent un restaurant. Le sous-sol est rempli de jeux pour enfants, genre jeux gonflables et parcours de tapis. Les enfants sont aux anges, et même Lino avec sa patte folle réussit à progresser à 4 pattes et à bien s’amuser. Les propriétaires nous proposent de planter la tente ici, mais nous préférons avancer encore un peu pour avoir moins de kilomètres le lendemain. Ils nous apprennent quelques phrases en arabe pour demander l’hospitalité, et on reprend notre place au milieu des camions.

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Pause inattendue dans ce véritable parc de jeux

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Trop cool !

Vers 18h, sur un replat nous décidons de demander à planter la tente. Un Marocain parlant anglais s’arrête et nous propose son aide. Ok, sympa ! Sauf que du coup, c’est lui qui décide à qui il va demander l’hospitalité pour nous ! Bof, bof…

On se retrouve ainsi collés à la route, sur un terrain tout petit, bosselé, rempli de chardons et de crottins de mule ! Une fois le gars reparti dans sa voiture, plus possible d’expliquer avec des mots à la propriétaire des lieux que ce n’est pas terrible et qu’on préférerait aller demander en face. Avec des gestes, elle finit par comprendre et nous propose de s’installer sur son toit terrasse. Et hop, nous voilà installés là haut, près de l’ail qui sèche ! La maison possède même un puits et nous avons donc de l’eau pour cuisiner et faire la vaisselle. Royal, même si nous sommes toujours au bord de la route et de ses camions…

Sur la route le lendemain, nous croisons Nuno, un jeune portugais qui voyage lui aussi à vélo, mais seul. Il parle super bien français, parce qu’il a fait une année Erasmus à Strasbourg. Nous échangeons numéros de téléphone pour se retrouver à « Chaouen » le soir, ou le lendemain.

Chefchaouen

Les 5 derniers kilomètres jusqu’à Chefchaouen sont une montée bien costaude. Comme d’habitude, Antonin la monte haut la main.  Malgré la chaleur, il transpire à pein !  La ration de survie de bonbons Haribo, que Stéphane cache dans ses sacoches depuis l’Espagne, est quand même bien méritée !!

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L’arrivée en haut de Chefchaouen : Ouf !

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Rien de mieux qu’un bon jus bien frais !

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On arrive pile pendant le Carnaval de Chefchaouen : très « Planet friendly », la COP 22 est passée par la !

Nous retrouvons ensuite Brahim, qui était venu visiter ses parents vers Meknès. Quelques heures de route en plus ne lui font pas peur, et c’est avec grand plaisir que nous passons la soirée du samedi ensemble. Une belle soirée à debriefer nos premières impressions marocaines et à préparer la suite du trajet. Le choix de la destination marocaine était aussi pour avoir l’occasion de le voir,  et il est déjà là !! Après un petit déjeuner, où Alex passe aussi nous faire petit coucou, Brahim repart pour Marrakech à quelques 7 heures de route !

Nous décidons de nous poser 3 jours à Chefchaouen, la belle ville bleue. La médina est magnifique, avec ses maisons peintes à la chaux bleue. La source de Ras el Ma est un haut lieu du tourisme local, que l’on a bien pu observer le dimanche après-midi. On y accède en s’enfonçant dans les ruelles. Un bon jeu de labyrinthe pour Antonin !

On en profite pour passer une soirée avec Nuno, le cycliste portugais croisé sur la route : de chouettes moments à discuter sur nos expériences cyclotouristiques, et sur d’autres sujets passionnants (il vient de finir des études d’architecture).

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Les belles rues de « Chaouen »

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Lino vient aussi visiter la belle médina bleue

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Suivez le guide !

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Un tel décor, ca s’entretient !

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Les rues pavées caractéristiques de la ville

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Vue sur la Casbah

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Séance de hammam

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Lavage et séchage des tapis à la source

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Exploration aquatique pour Antonin

Lino quant à lui n’est pas en forme. Nous retournerons à la source en taxi, parce que lui aussi a envie de la voir, avant de replonger pour une sieste fiévreuse.  Tourista ou réaction aux antibiotiques ? Toujours est-il que nous revenons voir un médecin, une sorte d’illuminé, récemment converti au christianisme, qui passe 20 bonnes minutes à faire du proxelitisme et à raconter sa vie à Stephane, alors que sa salle d’attente est pleine à craquer ! Il change les antibiotiques et la façon de faire les passements. On verra si c’est mieux ?

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Moi je ne peux pas mettre le pied dans la source, snif !

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Mais non, ca fait pas mal la bétadine…

Comme ça va effectivement mieux le lendemain, nous décidons de reprendre la route. Juste quelques kilomètres de descente, pour nous remettre en jambe après 3 jours de pause et voguer vers de nouveaux horizons, où l’on espère croiser quelques passionnés d’agro-écologie et d’écotourisme, sur la route de Fès.

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La dernière porte de Chefchaouen

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Bye, bye la ville bleue !

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